Sciatique

— Douleur radiculaire à trajet postérieur descendant dans la jambe, par irritation d’une racine lombaire.

La sciatique est une douleur dans la jambe, se situant typiquement sur un trajet postérieur atteignant le mollet, voire la cheville ou le pied. Elle résulte généralement d’une irritation d’une racine nerveuse à sa sortie de la colonne vertébrale lombaire. Causes principales : hernie discale, sténose spinale, arthrose lombaire avancée, instabilité vertébrale ou spondylolisthésis. 90 % des sciatiques s’améliorent spontanément en 6 à 12 semaines.

DONNÉES CLINIQUES
EXAMEN DE RÉFÉRENCE
IRM lombaire
ÉVOLUTION SPONTANÉE
90 % en 6–12 semaines
INDICATION CHIRURGICALE
10–20 % des cas
SUCCÈS POST-CHIRURGIE
~ 90 % bon soulagement

1. Anatomie touchée

Compartiments articulaires du genou (vue antérieure schématique)

Fig. 1 — Émergence des racines lombaires et trajet du nerf sciatique.

La colonne lombaire comprend 5 vertèbres et un canal rachidien dans lequel passent les structures nerveuses. Les racines en sortent par les trous de conjugaison et forment, par leur réunion, le nerf sciatique :

Racine L5

Trajet le plus fréquent : fesse, face postéro-latérale de la cuisse, face latérale du mollet, dos du pied jusqu'au gros orteil.

Racine S1

Fesse, face postérieure de la cuisse et du mollet, talon, plante du pied jusqu'au 5ᵉ orteil. Réflexe achilléen aboli en cas d'atteinte.

Racines L4 ou plus haut

Cruralgie : douleur antérieure de la cuisse irradiant à la face interne du genou et de la jambe.

Note clinique

La douleur est habituellement plus importante en position assise ou debout, et diminue en position couchée. Une atteinte sphinctérienne (perte des urines) constitue une urgence chirurgicale.

2. Symptômes & signes cliniques

Douleur radiculaire

Prend son origine dans le bas du dos ou dans la fesse et descend dans la jambe sur un trajet stéréotypé selon la racine atteinte.

Paresthésies

Diminution de la sensibilité, sensation de fourmillement, dysesthésies dans le territoire radiculaire.

Faiblesse motrice

Faiblesse musculaire dans le même membre inférieur (déficit neurologique). Steppage si atteinte L5.

Modification posturale

Douleur souvent plus importante en position assise ou debout, soulagée par la position couchée.

3. Diagnostic — examen neurologique et IRM

L’examen neurologique est essentiel : exploration de la force motrice, de la sensibilité par dermatome, des réflexes ostéo-tendineux et du test de Lasègue. Les radiographies standards et le CT-scan complètent en cas de besoin. L’IRM est le meilleur examen pour identifier les structures nerveuses lombaires et préciser la cause.

CAUSES — IDENTIFIER L'ORIGINE

H

Hernie

Hernie discale comprimant la racine — cause la plus fréquente chez l'adulte jeune.

S

Sténose

Sténose spinale dégénérative — cause la plus fréquente après 60 ans.

A

Arthrose

Arthrose facettaire avec kystes articulaires comprimant la racine.

I

Instabilité

Instabilité vertébrale, spondylolisthésis dégénératif ou isthmique.

T

Tumeur / autre

Cause non discale — à éliminer en cas de drapeaux rouges.

L’IRM permet d’identifier la cause précise de la radiculalgie et de cibler la thérapeutique : conservateur vs infiltration vs chirurgie.

Examen neurologique

Lasègue, force MRC par muscle-clé, sensibilité par dermatome, réflexes patellaire et achilléen.

IRM lombaire

Examen de référence. Identifie la cause de la compression radiculaire (hernie, sténose, autre).

CT-scan / EMG

CT-scan en cas de contre-indication IRM. EMG utile pour quantifier l'atteinte radiculaire.

4. Données chiffrées

ÉVOLUTION & RÉSULTATS
Amélioration spontanée 6–12 sem.
Concepteur web 90%
Indication chirurgicale
Concepteur web 15%
Bon soulagement post-chirurgie
Concepteur web 90%
Récidive de hernie au même niveau
Concepteur web 5%
Douleurs chroniques résiduelles
Concepteur web 5%
CHIFFRES CLÉS

90 %

des sciatiques diminuent ou disparaissent en 6–12 semaines

10–20 %

des patients nécessitent un traitement chirurgical

~ 1 %

risque de lésion nerveuse en chirurgie microscopique

5. Traitements — par paliers

1

Repos & antalgiques

Diminution de l'activité physique, médicaments antalgiques et anti-inflammatoires, chaleur, position couchée avec coussin sous les genoux.

2

Physiothérapie

Détente musculaire, mobilisation vertébrale douce, renforcement progressif de la ceinture abdominale et lombaire.

3

Infiltrations péridurales / facettaires

Sous contrôle radiologique. Péridurale pour hernie ou sténose ; facettaire pour arthrose lombaire avec kystes articulaires. Répétables à 3–6 semaines.

4

Microdiscectomie / Décompression

Microdiscectomie en cas de hernie résiduelle. Décompression chirurgicale en cas de sténose. Durée : 1 h 30 (décompression seule).

5

Fixation ou fusion vertébrale

En cas d'instabilité vertébrale ou de spondylolisthésis : fixation par vis et tiges en titane, parfois associée à une greffe osseuse. Durée : 2 h 30 à 3 h.

→ POUR LES PATIENTS & MÉDECINS

Sciatique persistante ou récidivante : faire le bilan.

La majorité s’améliore avec le traitement conservateur. Une douleur durable, un déficit moteur ou une atteinte sphinctérienne imposent une IRM.

6. Références scientifiques

1. Medicol — Centre Orthopédique d’Ouchy. Sciatique. medicol.ch ↗

2. Stafford MA, Peng P, Hill DA. Sciatica : a review of history, epidemiology, pathogenesis, and the role of epidural steroid injection. Br J Anaesth. 2007;99(4):461-473.

3. Konstantinou K, Dunn KM. Sciatica : review of epidemiological studies and prevalence estimates. Spine. 2008;33(22):2464-2472.

4. Weinstein JN et al. Surgical vs nonoperative treatment for lumbar disk herniation : the SPORT trial. JAMA. 2006;296(20):2441-2450.

5. SSOT — Société Suisse d’Orthopédie et de Traumatologie. Recommandations chirurgie du rachis. swissorthopaedics.ch ↗

Dernière mise à jour : mai 2026