Coiffe des rotateurs

— De la tendinite à la rupture extensive : spectre lésionnel des tendons stabilisateurs de l’épaule.

La coiffe des rotateurs est constituée de quatre muscles qui stabilisent et mobilisent la tête humérale. La pathologie va de la simple tendinite à la rupture extensive avec pseudo-paralysie. Le sus-épineux joue un rôle clé dans l’élévation du bras et le glissement sous l’acromion ; il est le plus fréquemment atteint. La prise en charge est conservatrice en première intention, chirurgicale (suture-réinsertion sous arthroscopie) en cas d’échec ou de rupture installée.

DONNÉES CLINIQUES
EXAMEN DE RÉFÉRENCE
IRM ou échographie + radiographie
CICATRISATION POST-OP
6 à 12 semaines
RISQUE INFECTIEUX
< 0.5 % (chirurgie arthroscopique)
REPRISE TRAVAIL
6 semaines à 4 mois selon profession

1. Anatomie touchée

La coiffe des rotateurs comprend quatre muscles dont les tendons s’insèrent sur la tête humérale et stabilisent l’articulation gléno-humérale :

Sus-épineux (supraspinatus)

Tendon le plus fréquemment lésé. Permet l'élévation du bras et le glissement sous l'acromion.

Sous-épineux & petit rond

Rotateurs externes. Leur atteinte limite la rotation externe et la fonction au-dessus de l'horizontale.

Sous-scapulaire

Rotateur interne, antagoniste du sous-épineux. Sa rupture isolée se voit après luxation antérieure.

Note clinique

La rupture peut être partielle (le muscle reste actif) ou totale. Les ruptures extensives multi-tendineuses peuvent s'accompagner d'une pseudo-paralysie de l'épaule.

2. Symptômes & signes cliniques

Douleur nocturne

Réveille fréquemment le patient, surtout en décubitus latéral du côté atteint. Très évocatrice.

Douleur en porte-à-faux

Activités bras au-dessus de l'horizontale, gestes répétés en élévation, port de charge.

Faiblesse en élévation

Difficulté progressive à élever le bras. Signe de pseudo-paralysie en cas de rupture extensive.

Limitation articulaire

Diminution progressive des amplitudes actives, notamment en abduction et rotations.

3. Diagnostic — clinique et imagerie

Des tests cliniques spécifiques permettent d’évaluer la fonctionnalité de chacun des tendons et de rechercher un conflit sous-acromial. La radiographie standard est insuffisante pour visualiser les tendons : l’IRM ou l’échographie sont nécessaires au diagnostic. L’arthroscopie peut compléter le bilan dans certains cas.

CLASSIFICATION DE GOUTALLIER — INFILTRATION GRAISSEUSE

0

Normal

Muscle sain, pas d'infiltration graisseuse.

1

Stries

Quelques stries graisseuses dans le muscle.

2

Modéré

Plus de muscle que de graisse.

3

Égalité

Autant de muscle que de graisse.

4

Avancé

Plus de graisse que de muscle — réparation à risque.

Le grade Goutallier ≥ 3 sur l’IRM est un facteur prédictif majeur d’échec de réparation tendineuse — l’évaluation pré-opératoire conditionne le choix thérapeutique.

Examen clinique

Tests spécifiques par tendon (Jobe, Patte, lift-off, belly-press) + recherche de conflit sous-acromial (Neer, Hawkins).

IRM

Examen de référence. Visualise rupture, rétraction, infiltration graisseuse et lésions associées.

Échographie

Examen dynamique opérateur-dépendant. Bonne sensibilité pour la rupture transfixiante.

4. Données chiffrées

RÉSULTATS THÉRAPEUTIQUES
Soulagement après infiltration
Concepteur web 60%
Cicatrisation tendineuse post-suture
Concepteur web 80%
Récupération fonctionnelle complète
Concepteur web 75%
Patients > 60 ans avec rupture asympto.
Concepteur web 50%
Reprise activités sportives
Concepteur web 70%
CHIFFRES CLÉS

< 0.5 %

taux d'infection après chirurgie arthroscopique

6–12 sem.

délai de cicatrisation tendineuse post-réparation

4–6 mois

délai habituel avant reprise des activités exigeantes

5. Traitements — conservateur puis chirurgical

1

Repos, froid, anti-inflammatoires

Mise au repos des activités douloureuses, glace, AINS topiques ou per os. Évolution favorable dans la majorité des tendinopathies.

2

Physiothérapie ciblée

Recentrage de la tête de l'humérus en face de la glène, renforcement musculaire isométrique des stabilisateurs, étirements capsulaires postérieurs.

3

Infiltration cortisonée

Injection sous-acromiale de corticoïdes sous contrôle radiologique ou échographique, dans certains cas — bénéfice antalgique transitoire.

4

Suture-réinsertion arthroscopique

Bilan arthroscopique initial, avivement de la zone de réinsertion, mise en place d'ancres et suture du tendon sur le tubercule majeur. Acromioplastie associée si conflit.

→ POUR LES PATIENTS & MÉDECINS

Douleur d'épaule nocturne persistante : faire le bilan.

Une douleur nocturne associée à une faiblesse en élévation impose une IRM de l’épaule. Demandez un avis spécialisé pour décider de la stratégie thérapeutique.

6. Références scientifiques

1. Medicol — Centre Orthopédique d’Ouchy. Coiffe des rotateurs. medicol.ch ↗

2. Goutallier D, Postel JM, Bernageau J, Lavau L, Voisin MC. Fatty muscle degeneration in cuff ruptures. Pre- and postoperative evaluation by CT scan. Clin Orthop Relat Res. 1994;(304):78-83.

3. Patte D. Classification of rotator cuff lesions. Clin Orthop Relat Res. 1990;254:81-86.

4. Neer CS. Anterior acromioplasty for the chronic impingement syndrome in the shoulder. J Bone Joint Surg Am. 1972;54:41-50.

5. SSOT — Société Suisse d’Orthopédie et de Traumatologie. Recommandations chirurgie de la coiffe. swissorthopaedics.ch ↗